Débat du moment : “Qu’est-ce que l’identité nationale ?” bis
25 novembre, 2009, 10:11
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Attention sables mouvants“(…) en organisant l'humanité de telle manière qu'elle avance avec le processus de la Nature et de l'Histoire comme si tous les hommes n'en faisaient qu'un, [le totalitarisme] emploie en fait la Terre comme moyen pour instituer le désert de l'absence de compagnie, de l'esseulement et de l'atomisation.” (Hannah Arendt)

Voilà. Le Sol français, tu aimes inconditionnellement sa Nature et son Histoire ou tu le quittes. (ça, ce serait du Sarkozy ou du Hortefeux ou du Besson… nos grands penseurs actuels…)

Voir aussi > Débat du moment : ”Qu'est-ce que l'identité nationale ?






Camille : Pâle septembre
24 novembre, 2009, 20:58
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Au crépuscule remonte les brumes…

Camille



Il se fait tard
23 novembre, 2009, 16:16
Enregistré dans : .Mes textes - Poésie

Rue la nuitLa nuit s'annonce blanche
Tu sais bien, tu connais
Claquemurée entre tes murs
Loin des tiens
Tu sais de quoi ils sont capables
Tu n'as pas oublié
Tu n'oublies pas

Pourtant ton sang te pousse
Il pulse, il domine
Tu t'habilles tu sors
La rue n'attendait plus que toi
Tes pas claquent sur les pavés
Rythmes anarchiques et lignes sinueuses

Scrute à l'intérieur des camisoles errantes
Tu les vois les regards ?
Des gouffres des soleils
Suis l'équation des routes
Et le pas chaloupé des diablesses fardées
Silhouettes vaincues aux trajectoires floues

Tu égrènes la nuit, arpentes les possibles
Les bars se font collier et l'absinthe sillage
Les bouches écument leurs fumeroles lasses
Les jambes s'enroulent aux pieds des tabourets
Dans ton regard refluent les néons impudiques
De la ville zébrée de trainées outrancières
Tu sens les infrasons des longs cris muselés
Et les basses coulant d'une porte qui baille

Il se fait tard
Trop



Transe
19 novembre, 2009, 11:08
Enregistré dans : Musique, .Mes textes - Poésie

 

Elle ouvre le bal
Ses doigts caressent l'ostinato lascif
Il frappe sur les peaux comme un amant avide
Doucement tout d'abord, tellement doucement
Tendres préliminaires
Regards croisés sons mêlés
Viens viens viens
Puis plus fort à attendre sa voix
Il mesure sa fièvre, goûte la résistance
Il veut le chant
Chant d'amour et de rage
Il veut la transe
Avec elle
Doute-t-il ?
Elle sait
Tout va venir
Mais elle prend son temps

Ne te presse pas mon amour
Nous finirons déments
Moi hurlant mon plaisir
Toi effleurant tes peaux
Mordant si fort la mienne






Fantôme
18 novembre, 2009, 14:20
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FantômeVoilà des jours que mon fantôme traîne
Sur la dernière marche de l'escalier
Affalé sur le seuil, oublié là
Quand tu sors, quand tu entres
Un courant froid t'enroule
Tu penses à la porte, en bas
Probablement fermée de guingois
Mais non, ce n'est que moi
Tu piétines ma transparence sans y laisser de trace
Parfois je me soulève au son de tes pas
Ton visage embrasse le mien
Puis traverse le vide

J'ai chanté mille fois les signes du grimoire
À en perdre la voix dans un râle étouffé
J'ai perdu ton orbite et j'ai largué la mienne
Je flotte abasourdie dans le néant glacial

Je me souviens de tout
Je ne suis qu'un fantôme



Dionysos chante Ferré : Thank you Satan
17 novembre, 2009, 10:12
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Thank you satan 

Pour la flamme que tu allumes
Au creux d'un lit pauvre ou rupin
Pour le plaisir qui s'y consume
Dans la toile ou dans le satin
Pour les enfants que tu ranimes
Au fond des dortoirs chérubins
Pour les pétales anonymes
Comme la rose du matin

Thank You Satan

Pour le voleur que tu recouvres
De ton chandail tendre et rouquin
Pour les portes que tu lui ouvres
Sur la tanière des rupins
Pour le condamné que tu veilles
À l'abbaye du monte en l'air
Pour le rhum que tu lui conseilles
Et le mégot que tu lui sers

Thank You Satan

Pour les étoiles que tu sèmes
Dans le remords des assassins
Et pour ce coeur qui bat quand même
Dans la poitrine des putains
Pour les idées que tu maquilles
Dans la tête des citoyens
Pour la prise de la Bastille
Même si ça ne sert à rien

Thank You Satan

Pour le prêtre qui s'exaspère
À retrouver le doux agneau
Pour le pinard élémentaire
Qu'il prend pour du Château Margaux
Pour l'anarchiste à qui tu donnes
Les deux couleurs de ton pays
Le rouge pour naître à Barcelone
Le noir pour mourir à Paris

Thank You Satan

Pour la sépulture anonyme
Que tu fis à Monsieur Mozart
Sans croix ni rien sauf pour la frime
Un chien, croque-mort du hasard
Pour les poètes que tu glisses
Au chevet des adolescents
Quand poussent dans l'ombre complice
Des fleurs du mal de dix-sept ans

Thank You Satan

Pour le péché que tu fais naître
Au sein des plus raides vertus
Et pour l'ennui qui va paraître
Au coin du lit où tu n'es plus
Pour les ballots que tu fais paître
Dans le pré comme des moutons
Pour ton honneur à  ne paraître
Jamais à  la télévision

Thank You Satan

Pour tout cela et plus encore
Pour la solitude des rois
Le rire des têtes de morts
Le moyen de tourner la loi
Et qu'on ne me fasse point taire
Et que je chante pour ton bien
Dans ce monde où les muselières
Ne sont plus faites pour les chiens…

Thank You Satan

Dionysos

Dionysos est un groupe de rock français originaire de la ville de Valence. Il doit son succès à ses prestations scéniques et à l'univers dans lequel évolue le groupe, très inspiré par le cinéaste Tim Burton et l'écrivain Roald Dahl. Les textes, en anglais comme en français évoquent un univers surréaliste. C'est leur album Song for Jedi, sorti en 2002, qui les fait connaître auprès du grand public.

Nombreuses collaborations : The Kills, PJ Harvey, Cali, Olivia Ruiz, Deportivo, Magy Cherfi, Kim, Éric Cantona, Alain Bashung, Jean Rochefort, Arthur H, Grand Corps Malade, Emily Loizeau, Rossy de Palma).

Membres du groupe :
Mathias Malzieu : chant, ukulélé, guitare, thérémine, harmonica.
Éric Serra Tosio alias Rico : batterie, washboard.
Michaël Ponton alias Miky Biky : guitare, platine DJ, banjo, lapsteels.
Guillaume Garidel alias Guillermo : guitare basse, contrebasse, synthétiseur.
Élisabeth Maistre alias Babet : violon, synthétiseur, chant, banjo, thérémine.
Stéphan Bertholio alias Stephano : synthétiseur, banjo, glockenspiel, scie musicale ukulélé, lapsteels, guitare,

Pour célébrer les 15 ans du groupe, Dionysos a sélectionné et compilé près de 30 chansons et documents sonores totalement inédits : démos, titres livre, inédits, reprises… Ce double-album est un bijou.

~

Mathias Malzieu est aussi l'auteur de deux livres sensibles et poétiques : Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi et La Mécanique du coeur, ainsi que d'un recueil de nouvelles : 38 mini westerns avec des fantômes.



Alors… la vie ?
14 novembre, 2009, 18:17
Enregistré dans : .Mes textes - Poésie

Alors... la vie ?Les yeux brûlés
J'ai cru ne plus savoir lire
La bouche scellée
J'ai cru ne plus pouvoir dire
Le corps évaporé
J'ai cru m'arrêter là

Alors… la vie ?

Il y eut…

Un mouvement dans l'herbe
Le talus se soulève comme mer déchaînée
Je ne bouge pas
Aucun étonnement
J'observe la vague
Jusqu'où montera-t-elle ?
Je l'espère très haute

Emporte-moi !

Juste un mirage
Ce n'était que cela
Une hallucination au déclin du jour
Depuis, peu à peu, les yeux se calment
Moins douloureux, encore un peu
Je reprends le chemin des pierres coupantes
Les pieds en sang, en équilibre

Mais… la vie…






Enfin l’automne
11 novembre, 2009, 14:30
Enregistré dans : .Mes textes - Poésie

Montagnes et nuagesUn jour comme un autre
Tous pareils tous différents
Petit matin d'autome
Ciel bas ouaté de gris
Zébré de longs filaments blancs
Nuages alanguis en contrebas
S'accrochant aux derniers reliefs
Avant la roche
Où les cris silencieux ricochent

Il a plu cette nuit
Trempée jusqu'aux os
Assise sur le sol spongieux
Je regarde le monde

Le soleil est enfin vaincu
Toute cette lumière
Tout ce jaune et ce bleu de l'aube au crépuscule
Le vert clinquant des arbres et les fleurs pomponnées
Brûlaient mon regard délavé

Les contrastes s'apaisent
Les brumes ressurgissent
Les gris renaissent
Ils s'accordent si bien à mon cœur fatigué
À ce corps qui rechigne à marcher encore

Et bientôt viendra le blanc
Et tout s'oubliera



Débat du moment : “Qu’est-ce que l’identité nationale ?”
9 novembre, 2009, 16:48
Enregistré dans : .Mes textes - Prose

Foule anonyme

“Qu'est-ce que l'identité nationale ?”.
Ce titre m'a donné bien du fil à retordre. Parce qu'enfin, pourquoi utiliser le mot “identité”. Un mot est un mot, qui a son sens propre et qui n'est jamais anodin. Nos politiques le savent bien, qui sont loin d'être idiots, n'est-ce pas… heum…
Or, nous savons bien qu'en science (et tout ce qui touche à la sociologie, ethnologie… entre dans la cathégorie des sciences humaines), on ne peut répondre à un énoncé qu'à la condition expresse qu'il soit clair et sans ambiguïté possible.
Je suis donc allée un peu farfouiller…

*
IDENTITÉ (source : Larousse)
Nom féminin, du latin idem (le même).

- Ce qui fait qu'une chose est de même nature qu'une autre.
[Un humain est donc par essence - je pense - de même nature qu'un autre humain. Il n'est cependant pas exactement le même, sinon il ne serait pas un humain, mais un clone -> débat inutile]

- Ensemble de circonstances qui font qu'une personne est bien telle personne déterminée : vérifier l'identité de quelqu'un ; une pièce d'identitité.
[Tu as ta carte d'identité ou tu ne l'as pas, au pire on fera une analyse ADN -> débat inutile]

- Math. Égalité (qui se note =) dont les deux membres prennent des valeurs numériques égales pour tout système de valeurs attribuées aux lettres. (L'identité diffère de l'équation, qui n'est vérifiée que pour certaines valeurs attribuées aux lettres.)
[Là, ça devient intéressant, parce que la bonne question me semblerait donc plus une question d'équation que d'identité. En effet, Paul n'est pas égal à Pierre, mais Paul = Pierre + x - y. -> “Qu'est-ce que l'équation nationale” ? En voilà une belle question qu'elle me plaît !!!]

- Carte d'identité : pièce officielle, comportant photographie et empreintes digitales.
[Cf. ci-desssus]

- Identité judiciaire : service ayant pour objet de classer le signalement anthropomorphique des personnes mises en état d'arrestation.
[Le débat pourrait être ouvert, mais seulement pour les personnes en état d'arrestation -> N'entrerait-on pas là dans une discrimination ? Je m'y refuse.]

- Plaque d'identité : plaque métallique portée en opérations par les militaires.
[Je laisse les militaires cogiter sur la question, n'étant pas militaire moi-même.]

- Principe d'identité : principe fondamental de la logique traditionnelle, selon lequel “une chose est identique à elle-même” (” a est a”).
[Pour un être humain, il me semble que la réponse est simple : je suis moi, donc moi = moi -> débat clos, sauf pour les schizophrènes, et encore : (moi + moi + moi…) = (moi + moi + moi…)]

*
Alors après, j'ai pensé à un autre terme :

IDENTIFICATION (source : Vocabulaire de la psychanalyse, de Laplanche et Pontalis)
Processus psychologique par lequel un sujet assimile un aspect, une propriété, un attribut de l'autre et se transforme, totalement ou partiellement, sur le modèle de celui-ci. La personnalité se constitue et se différencie par une série d'identifications…
[On serait déjà plus dans le vrai cœur du sujet. Mais là, ça se complique drôlement, n'est-ce pas ? Car après tout, est-ce qu'un Ch'ti n'a pas quelques valeurs communes avec son voisin Belges, un Lorrain avec un Allemand, un Pyrénéen (pas le chocolat hein) avec un Espagnol, un Alpin avec un Italien ou un Suisse, un Breton avec un… dauphin ?… Et puis, il y a les mélanges ! Imagine : ton père est Ch'ti et ta mère méditerranéenne… pfff…
De plus, il est bien dit “un sujet assimile… et se transforme totalement ou partiellement“. Ça laisse donc des milliards de possibles. Quelle belle richesse humaine ! Vive les équations qui ouvrent les portes des variables !]

Il ne semble pas qu'il y ait une plus grande finalité dans la variabilité
des êtres organisés et dans l'action de la sélection naturelle
que dans la direction d'où souffle le vent.
(Extrait de L'autobiographie, Charles Darwin).

*
Un dernier mot peut-être…

IDÉOLOGIE (source : Vocabulaire pour la dissertation, Larousse)
Ensemble de croyances partagées par une société, une clase sociale, un parti politique, etc. (…) De nos jours, le sens s'est encore élargi : on entend par idéologie tout système d'idées qui cherche à exliquer le monde, à faire entrer ses différentes composantes dans un système de pensées.

[Le problème est que ce mot est chargé de réminiscences pas bien jolies-jolies. Est-ce pour cela qu'il n'a pas été utilisé ? Pour ne pas effrayer le chaland ? C'est pourtant de cela, me semble-t-il qu'il s'agit. À moins bien sûr, que la question soit plus “Qui a droit à l'identité nationale ?” plutôt que “Qu'est-ce que l'identité nationale ?”]

Une petite citation pour finir :
Tandis que les idéologies sont des ferments de discorde qui conduisent facilement à l'hostilité intransigeante, l'Art invite à la fraternisation, non en masquand les contrastes, mais en les dépassant (J.E. Muller, La Fin de la peinture)

Mais qu'est-ce que l'Art, mes frères ???